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Cyberarticle

 

Dans le temps, on entendait les oiseaux chanter dans ce boisé

La surdité professionnelle est un mal terrible. Terrible parce qu'il est irréversible, mais aussi parce que la perte auditive est très lente. Tellement lente que le travailleur ne se rend pas compte au début qu'il perd graduellement son acuité auditive. Et cette perte d'audition, c'est à l'extérieur du travail qu'elle se manifeste d'abord.

Pourtant, plusieurs travailleurs auraient pu conserver leur ouïe s'ils avaient eu à leur disposition les moyens de protection adéquats et, surtout, s'ils les avaient utilisés.

Les premiers symptômes de surdité professionnelle apparaissent à la maison. Celui ou celle qui accuse une perte auditive doit augmenter le volume du téléviseur ou de la radio. Le conjoint irrité par le son trop intense baisse le volume. C'est le début d'une argumentation entre les deux conjoints.

D'autres fois, l'individu n'entend pas ce que lui dit son conjoint ou encore il le fait répéter. L'impatience s'installe rapidement chez celui ou celle qui doit répéter continuellement. Puisque la perte auditive s'est développée lentement, l'individu ne se rend pas compte de ce qui lui arrive. Il nie souvent son problème... surtout au début.

C'est ainsi qu'un chasseur déplorait l'absence d'oiseaux dans un boisé qu'il fréquentait depuis des années. «Dans le temps, c'était rempli d'oiseaux ici!» disait‐il tristement. Il prétendait que les oiseaux avaient fui à cause de la pollution. Pourtant, il y avait autant d'oiseaux qu'avant: il ne les entendait plus.

Un trou dans la perception auditive

Quand les cellules auditives sont détruites, elles ne peuvent se régénérer. Mais la perte ne se produit pas également pour tous les sons. Au début, ce sont les sons qui vibrent autour de 4 000 Hertz qui sont de moins en moins perçus. Au fur et à mesure que la surdité augmente, les sons de 2 000 à 5 000 Hertz sont de moins en moins perçus. C'est un véritable trou qui se creuse dans la perception auditive.

Le sonagramme du chardonneret jaune démontre que la fréquence émise lors du chant de l'oiseau varie majoritairement entre 2 000 et 6 000 Hertz.

Celui ou celle qui souffre de surdité professionnelle ne l'entend pas. Mais il y a d'autres exemples: la fréquence du chant de l'hirondelle bicolore varie de 3 000 à 5 000 Hertz avec de faibles pointes vers 6 000 ou 6 500 Hertz; le cri des sarcelles, oiseau chassé pour sa chair, varie entre 2 000 et 2 500 Hertz; le chant du geai bleu se situe majoritairement autour de 3 000 Hertz et celui du moineau domestique varie de 2 000 Hertz à 4 000 Hertz et ainsi de suite pour nombre d'espèces que la surdité professionnelle empêche d'entendre efficacement.

Les moyens de protections

Et pourtant, il existe des moyens pour protéger l'ouïe. Ces moyens vont de la réduction à la source à la protection individuelle. Réduire le bruit à la source, est pratiquement toujours possible à la condition d'y mettre les efforts requis. En attendant, la protection individuelle assure une réduction du bruit arrivant à l'oreille interne. La plupart des spécialistes et des utilisateurs préfèrent les bouchons maniables jetables après usage. Encore ne sont-ils utiles que lorsqu'on les utilise. Rappelons finalement qu'afin d'éviter les otites, le travailleur doit avoir les mains propres avant d'insérer les bouchons dans ses oreilles.

NDLR. Si vous aimez les oiseaux, sans doute seriez vous intéressé par le Guide des oiseaux d'Amérique du Nord publié par Le Broquet, éditeur. Plusieurs sonagrammes y sont reproduits.