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| Cyberarticle |
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| Pour faire vivre la semaine de la SST toute l'année La semaine annuelle de la santé et de la sécurité arrive à grands pas. Vous êtes sans doute en pleine organisation, cherchant l'élément déclencheur d'une dynamique nouvelle où travailleurs et employeurs s'associent dans une lutte commune: la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Or, l'élément déclencheur doit être à la fois sécurisant et gratifiant pour les travailleurs. La notion "sécurisante" est plus facilement ressentie puisqu'il s'agit de la santé de l'individu. Quant à la notion "gratifiante", elle survient lorsque l'individu ressent une grande satisfaction psychologique, qu'il ait, par exemple, appris un concept nouveau ou encore qu'il soit reconnu par ses supérieurs ou par ses pairs. Si vous voulez modifier des comportements et des attitudes, gardez ces deux notions en tête. Elles vous aideront à contourner la résistance des individus face au changement. Phénomène tout à fait normal puisque tout changement implique la transformation plus ou moins brusque et profonde d'un certain système d'équilibre, donc une phase de rupture jusqu'à l'instauration d'un nouvel équilibre! Or, une rupture, c'est angoissant, surtout lorsque l'instauration d'un nouvel équilibre est difficile à justifier concrètement. Certains travailleurs diront: ça fait 20 ans que je travaille de cette façon et il ne m'est jamais rien arrivé. D'autres auront peur de faire rire d'eux. Il ne faut pas subir un changement, mais bien le prévoir et l'utiliser comme force motrice pour conduire les travailleurs vers leurs objectifs2... à la condition que le changement convoité soit sécurisant et gratifiant pour eux. Il importe donc de bien structurer son plan de communication. Recherche-écoute Avant d'élaborer un programme de communication, il convient de faire une "recherche-écoute". Un court questionnaire peut être joint au chèque de paie. Il est cependant important que les employés connaissent l'objectif du questionnaire. Dites-leur que la troisième semaine annuelle de la SST approche et que vous voulez connaître leurs intérêts avant d'élaborer le programme des activités. Par exemple: âge, loisirs, nombre d'enfants, habitudes alimentaires, priorités financières, etc. Cette étape a un double effet. D'abord le seul fait de recevoir ce questionnaire crée un sentiment d'attente chez les travailleurs. Ils savent désormais qu'un programme d'informations est en préparation. Ils ont hâte d'en savoir plus. Puis, elle vous permet d'élaborer des programmes éducatifs bien adaptés aux intérêts de vos travailleurs. Cependant, élaborer un programme éducatif est une chose. Encore faut-il faire déplacer les gens, leur faire plaisir de façon à garder leur attention et pour qu'ils en parlent avec leur entourage. Les outils de communication Les outils de communication visent à faire vivre la semaine annuelle de la SST toute l'année. Ils doivent déclencher le dialogue. Les moyens de communication sont à la portée de toutes les bourses. Le contenu du message et l'ingéniosité déployée pour le livrer prédominent presque toujours sur sa forme. L'objectif n'est pas d'éblouir, mais surtout de communiquer, de motiver. La motivation: trois points de vue Pour l'administrateur3, un employé motivé est un employé qui désire réellement accomplir son travail de la meilleure façon possible et qui le démontre par ses efforts, sa collaboration, sa ponctualité, son dévouement, etc. Ce type de motivation comprend donc deux aspects: un aspect purement psychologique que nous ne pouvons pas observer directement (le désir, l'intention, la volonté de bien faire) et un aspect plus concret et plus facilement observable (l'effort sous toutes ses formes). Pour le psychologue(3), le mot motivation prend un sens beaucoup plus large puisqu'il se réfère à tous les comportements humains qui sont orientés vers un objectif et qui sont volontaires, c'est-à-dire qui ne sont pas purement automatiques comme certains réflexes du genou et de la pupille. De façon plus précise, les psychologues cherchent à expliquer pourquoi un individu fait quelque chose plutôt que de ne rien faire, pourquoi il fait A plutôt que B, pourquoi il met une grande intensité dans certains actes et très peu dans d'autres, pourquoi il poursuit ou cesse une activité quelconque. Pour le travailleur, être motivé veut surtout dire être heureux dans son travail et y trouver la conviction que ce qu'il fait est à la fois utile et reconnu. L'autoformation Le programme d'autoformation est basé sur des réunions paritaires convoquées devant les appareils ou machines de travail présentant un risque d'accident ou de maladies professionnelles. Un tel programme ne veut pas transmettre aux travailleurs des connaissances qu'ils ont déjà. Il favorise plutôt des dialogues afin d'identifier les changements qui s'imposent. Par exemple: un travailleur a remarqué que la machine est plus bruyante lorsqu'il utilise tel type de matériaux. Des accidents sont racontés, des suggestions sont apportées. L'expérience des uns et des autres devient alors un outil de réaction face à une situation donnée. De plus, elle suscite un effet d'entraînement sur l'ensemble des travailleurs. Les patrons japonais répètent sans cesse aux ouvriers que ceux qui sont en première ligne connaissent le mieux le métier, et qu'innovation et amélioration viennent du genba (lieu de l'action)4. Il importe donc d'intégrer les individus qui sont sur les lieux de l'action à ces ateliers de discussion. La troisième semaine de la SST peut servir de lancement à un tel programme. Faites un compte-rendu des effets de ce programme dans le journal interne, question de garder l'intérêt... et soufflez-en un mot à la rédactrice en chef de Travail et santé. Les films et les vidéos Les films, vidéos et DVD sont de bons déclencheurs. Ils provoquent la réflexion et la discussion. De plus, il n'est pas nécessaire de dépenser de grosses sommes d'argent pour présenter un document audio-visuel. Par exemple, l'audio vidéothèque de la CSST prête ces documents gratuitement pendant 14 jours. Les frais de transports sont cependant à la charge de l'emprunteur. Il vous suffit alors de consulter le répertoire des documents audiovisuels (disponible à la CSST) et de réserver un mois à l'avance. (NDLR : nous invitons le lecteur à vérifier si cette procédure est modifiée depuis le temps) Certaines associations sectorielles fournissent aussi gratuitement des documents audio-visuels. Un slogan... un poster Un court slogan humoristique gardera la santé et la sécurité en tête de vos travailleurs. Vous pouvez organiser un concours. Un court slogan humoristique gardera la santé et la sécurité en tête de vos travailleurs. Vous pouvez organiser un concours. Le meilleur moyen de véhiculer le message est de l'afficher sur la porte... de la toilette (côté intérieur bien sûr). C'est encore le meilleur endroit où l'individu a tout son temps pour assimiler l'information! Par contre, le meilleur endroit pour qu'il ne soit pas vu est sûrement le traditionnel babillard. Celui où vous affichez une centaine de messages par mois. Vous y êtes tellement habitué que vous ne le voyez même plus.
Une mini-exposition Une mini-exposition axée sur la sécurité tant au travail qu'à la maison et aux loisirs est un bon moyen d'attirer l'attention de vos travailleurs. Ainsi, vous vous adressez à eux non seulement à titre de ferblantier, de secrétaire ou d'infirmière, mais surtout à l'être humain. Le travailleur doit sentir de la sincérité et un intérêt pour la personne humaine qu'il est. Autrement, votre message risque d'entrer dans l'oreille d'un sourd. Informez-les comment utiliser leur souffleur à neige en toute sécurité, présentez-leur une boîte à lunch bien garnie, renseignez-les sur la façon d'allumer leur BBQ sans problème. Le choix des thèmes sera facilité par le questionnaire que les travailleurs auront complété. Une boîte à suggestion La boîte à suggestion stimule le dynamisme. Elle permet la participation des employés en faisant appel à leur imagination et à leur créativité. Faites cependant une nuance entre créativité et innovation. La créativité, c'est imaginer de nouvelles choses. L'innovation, c'est faire de nouvelles choses. Une nouvelle idée peut circuler sans être utilisée dans une entreprise pendant des années, non parce qu'on ne reconnaît pas ses mérites, mais parce que personne n'a assumé la responsabilité de passer de la théorie à la pratique. Les idées sont inutiles si elles ne sont pas utilisées. Seule leur mise en œuvre démontre leur valeur. Jusque-là, elles sont dans les limbes4. Une idée proposée dans la boîte à suggestion peut très bien être à la base de "la" solution tant attendue. Pensez cependant à récompenser l'auteur. Mais l'idée d'un concours apporte une controverse: à toute bonne action, il y a un contre-effet, même avec la meilleure volonté du monde. Alors que l'on vise à gratifier l'auteur de la meilleure suggestion, on crée, sans le vouloir, un effet de démotivation chez les autres travailleurs. Tout le monde ne peut gagner le gros lot de la loterie. Hélas! Vous vous buterez donc aux "je-ne-gagne-jamais-rien". Le seul fait d'entendre ou de lire le mot concours inhibe le reste de votre message. Mais le malheur, c'est que ces "je-ne gagne-jamais-rien" représentent la majorité de vos travailleurs. Il faut donc que la majorité se sente gagnante. Pourquoi alors ne pas inviter les travailleurs à enrichir la boîte à suggestion, mais par équipe: département X, Y, Z. La boîte à suggestion vient alors se greffer au programme d'autoformation. Pour maintenir un climat d'attente et de défi, on ne rejette pas l'idée du concours, malgré la controverse, On modifie cependant la portée de la récompense. Et voilà qu'en grande finale, on annonce que l'idée du département Y a valu, à tous les travailleurs, un ou deux fours à microondes (dépendant de la taille de votre entreprise), justement installé(s) dans la cuisine des employés. Pensez cependant à gratifier l'équipe gagnante en installant un écriteau.
Un cadeau collectif améliore la vie de tout le monde et valorise en même temps l'équipe gagnante. Vous choisirez évidemment un cadeau adapté à vos travailleurs et à la taille de votre entreprise. Par exemple, s'il fait très chaud dans votre usine, vos travailleurs apprécieraient peut-être un bon jus à la pause-santé! C'est une bonne façon de faire vivre l'idée du département Y pendant un bon moment... à moins que vous ne préfériez leur installer une cruche d'eau bien froide! Évidemment, vos travailleurs devront connaître la portée de la récompense dès le début, question de faire des gagnants avec les "je-ne-gagne-jamais-rien". Une boîte à suggestion, c'est bien; vivre ses effets, c'est mieux. Une journée portes ouvertes Une journée portes ouvertes destinée à la famille et aux amis de vos travailleurs de même qu'aux habitants de la ville où opère votre usine peut avoir des conséquences très positives. Quoi de plus excitant pour un enfant que de voir son père ou sa mère à l'œuvre et quoi de plus stimulant pour un parent que d'expliquer à son enfant le rôle qu'il occupe dans l'entreprise. La visite pourrait se terminer par une visite de l'exposition où toute la famille apprendra des notions de sécurité à la maison. Personne significative recherchée travailleurs seront sans doute choyés durant cette troisième semaine annuelle de la santé-sécurité. Mais avez-vous l'impression que votre message passe mal? Si oui, c'est peut-être dû au fait qu'on pense encore que l'employeur s'intéresse à la santé et à la sécurité de ses travailleurs, mais que cet intérêt vise d'abord et avant tout la rentabilité de l'entreprise (?). On dit qu'un groupe progresse à la vitesse de son membre le plus résistant6. Or, si ce membre résistant est un leader, votre message risque d'avoir une moins bonne portée. Une façon de diminuer l'effet négatif de ce membre résistant est d'avoir recours à des facilitateurs qui n'ont pas nécessairement accès à ce leader. Il vous faut rejoindre quelqu'un qui est encore plus significatif aux yeux de vos travailleurs. La famille et les amis du travailleur peuvent faciliter la transmission de votre message. Invitez-les à la journée portes ouvertes, vous entraînerez ainsi des discussions en dehors du milieu de travail. Ces discussions apportent un suivi aux activités que vous avez organisées. De plus, ce suivi est apporté par des yeux nouveaux. Les suggestions qui en découleront sauront sûrement enrichir votre boîte à suggestion. Une bonne façon de maintenir l'intérêt familial est d'envoyer le journal interne à la maison. Le journal circule ainsi entre les mains de toute la famille, ce qui stimule le dialogue. L'employé qui reçoit son journal au travaille feuillète rapidement, puis le jette à la poubelle. Il en parle peut-être à l'occasion avec un collègue... mais ce collègue a les mêmes antécédents que lui face à son travail. Au contraire, la famille vit à l'extérieur de l'usine. Sa perception est par conséquent différente et peut apporter un feed-back nouveau. Pensez à y insérer une capsule sur la santé-sécurité à la maison ou aux loisirs. Votre journal interne deviendra vite un outil de référence. Pensez à la continuité Cette semaine annuelle stimule un échange intense d'informations en matière de santé-sécurité. Mais maintenant que vous avez réussi à attirer l'attention de vos publics (internes et externes), ne la laissez pas s'estomper. Les activités mentionnées plus haut peuvent se continuer de façon à faire vivre cette semaine toute l'année. Il vous faudra cependant les adapter à votre entreprise, à vos travailleurs. Surtout sachez créer un climat d'attente et rappelez-vous que vous garderez la confiance de vos travailleurs en agissant. BIBLIOGRAPHIE 1. MAISONNEUVE, Jean, Introduction à la psychosociologie (1973), Presses Universitaires de France. |
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